GEJ10 Sur le mont Nébo

Publié le par estaran



GEJ10 C178

Sur le mont Nébo


1. Me trouvant déjà éveillé, il (l'aubergiste) Me demanda avec amour et respect de quoi J'avais besoin ce matin, et si Je voulais de l'eau parfumée pour Me laver.

2. Je lui dis : « Epargne-toi cette peine, car, si Je veux Me laver, Je peux trouver n'importe où de l'eau fraîche en abondance. Cependant, il y a dans les parages de cette ville une montagne fameuse au temps du prophète Moïse, et Je voudrais y monter avant le lever du soleil. Dans l'ancienne langue hébraïque, on l'appelle "Nébo", mais vous l'appelez "mont de Moïse". Aussi, ne commande pas trop tôt le repas du matin, car Je veux rester trois heures là-haut. »

3. L'aubergiste : « Seigneur et Maître, tout sera fait ponctuellement selon Ta volonté ; mais permets-moi, ainsi qu'à mon fils aîné, de T'accompagner sur cette montagne particulièrement mémorable pour les Juifs, car elle n'est vraiment pas loin d'ici, et nous en atteindrons facilement le sommet en une petite demi-heure. »

4. Je donnai cette permission à l'aubergiste, et il alla dire à sa femme et à ses autres enfants ce qu'ils devaient faire pour la cuisine.

5. Lorsqu'il fut de retour, Mes disciples étaient éveillés, et il y avait déjà devant la porte de l'auberge le juge et les deux Pharisiens Dismas et Barnabé, qui voulaient entrer ; mais J'étais déjà à la porte avec les Miens, l'aubergiste et son fils, tous prêts à partir pour le mont Moïse.

6. Le juge et les deux Pharisiens offrirent très aimablement de M'accompagner eux aussi, et nous nous mîmes aussitôt en route ; ainsi, au bout d'une petite demi-heure, nous étions tous au sommet de cette montagne, que le juge, pour son agrément, avait fait pourvoir de bancs. Bien sûr, ces bancs étaient pour la plupart de simples blocs de basalte, mais fort commodes pour l'usage auquel ils étaient destinés. De plus, il avait fait planter de buissons de roses et d'autres arbustes odorants le plateau assez étendu qui formait le sommet de cette montagne, aussi était-il fort agréable, en attendant le lever du soleil, de se trouver sur celle hauteur facilement accessible depuis ce côté de la ville.

7. Par ce côté de la ville, la montagne était à peine haute d'un peu plus de cent aunes*(60 à 80 mètres), mais elle descendait très abruptement de plus de deux mille aunes vers la vallée du Jourdain, d'où elle paraissait fort imposante ; cependant, vue de l'est, ce n'était qu'une colline comme on en voit beaucoup au long du pays d'Auran.

8. Nous étions donc sur cette colline ou mont de Moïse, regardant vers l'immense plaine de l'Euphrate avec son désert, où tout était très clair aussi loin que le regard pouvait porter.

9. Le sud était également dégagé, et l'on voyait les montagnes que vous connaissez par la Bible, comme l'Hor où Moïse, soutenu par Aaron et son fils Eléazar, dut prier pour la victoire des Israélites contre les Amalécites. S'il abaissait ses mains, les Amalécites étaient victorieux, et s'il les relevait, c'étaient les Israélites. On voyait aussi la montagne de Hur*(Nombres 20,22 sq), où mourut Aaron, et, dans le lointain, la haute cime du Sinaï et de son voisin l'Horeb.

10. Cependant, l'ouest était fort embrumé, et seules dépassaient ici et là les hautes cimes du Liban ; quant aux montagnes du nord, on ne voyait que le sommet de l'Hermon, où naît le Jourdain.

11. Dans la plaine du Jourdain, à cause des nuages, on ne distinguait rien, ce que le juge regretta fort. Je lui fis alors remarquer qu'il n'avait que deux heures à patienter, car le soleil chasserait bientôt ces nuages et ferait lever les méchants brouillards de ces parages du Jourdain. « Mais à présent, ce n'est pas cette contrée que nous voulons contempler, mais celle où le soleil se lève. »

12. Le Pharisien Dismas Me dit alors « Seigneur et Maître, cette montagne où nous sommes est-elle bien la même d'où le grand prophète Moise, laissant son corps derrière lui, est monté au ciel comme une flamme brillante devant ceux qui l'accompagnaient et a disparu, après quoi l'Ecriture dit que d'un côté est apparu l'archange Michel, et de l'autre Satan, le prince des diables, qui a combattu l'archange pendant trois jours autour du corps de Moïse ? Pour comble, il aurait vaincu l'archange et disparu avec le corps de Moïse !

13. A quoi cela a-t-il pu bien servir ? Toute notre sagesse juive est restée muette là-dessus jusqu'à ce jour, et aucun des nombreux grands prophètes n'en a rien dit. C'est pourquoi nos cabalistes ont déclaré apocryphe toute cette histoire, qu'ils tiennent pour une légende ; mais beaucoup d'anciennes tribus arabes déclarent qu'elle est vraie. - Et Toi, Seigneur, qu'en dis-Tu ? »

14. Ce fut le juge qui répondit à Ma place : «Qu'importe, quand l'esprit de Moïse vit parmi vous et a été sauvé ? Le corps n'est de toute façon que l'enveloppe de l'esprit de l'homme, et cela n'a guère d'importance si Satan ou un autre esprit s'en empare. Si j'avais été l'archange, j'aurais laissé bien plus tôt à Satan ce plaisir, s'il était si affamé du cadavre de Moïse ! »

15. Alors, Je dis aux Pharisiens : « Le juge vous a fort bien répondu ; car il y avait longtemps que J'avais donné à Moïse, Moi, le Seigneur de toute vie, un autre corps en place de sa chair pécheresse, et Satan n'aurait eu aucun pouvoir sur le corps de Moïse si celui-ci, dans sa jeunesse, n'avait jamais péché dans sa chair. Mais, comme il avait péché selon la chair, bien que l'origine de son âme et de son esprit fût purement céleste, Satan voulut prendre possession de ce qui lui appartenait en Moïse, et, ce faisant, non seulement il n'a rien gagné, mais son autorité y a presque tout perdu, car, depuis ce jour, il ne lui a plus été permis d'apparaître à aucun homme mortel de cette terre, ce qui a fait le plus grand tort à ses œuvres ; car, depuis ce temps-là, un très grand nombre de païens sont venus à la doctrine de Moïse, et le grand oracle de Dodone, qui était l'une des principales œuvres de Satan pour séduire les hommes de cette terre, fut détruit et ne put jamais être rebâti. Même l'oracle de Delphes, plus récent, fut déchu peu après la chute de Troie et ne se releva jamais tout à fait. - Mais ne nous occupons plus de ces choses, car elles n'ont aucune valeur pour l'âme des hommes !

16. Ce qui est bien, c'est de connaître l'unique vrai Dieu, de L'aimer par-dessus tout et son prochain comme soi-même.

17. A présent, le soleil va se lever, et vous verrez alors bien des choses qui vous surprendront ! »

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