GEJ10 Le Seigneur et les Pharisiens devant les portes de la ville

Publié le par estaran



Le Seigneur à Nébo

 


GEJ10 C163

Le Seigneur et les Pharisiens devant les portes de la ville


1. Pendant que J'enseignais ainsi, nous approchions d'une autre vieille cité, peuplée surtout de Romains, mais aussi de Grecs et de Juifs. Devant cette ville, la chance ou la malchance, c'est selon, voulut - comme on dit - que les premiers à venir à notre rencontre fussent des Juifs, parmi lesquels il y avait plusieurs Pharisiens.

2. Les Pharisiens Me reconnurent et dirent aux Juifs : « Voici qu'arrive, sans doute avec ses disciples, ce Nazaréen qui, lors de la dernière fête, a accompli plusieurs prétendus miracles, probablement appris à l'école des Esséniens. Après cela, il est allé au Temple enseigner au peuple, et il s'est prétendu plus vieux qu'Abraham, et bien d'autres choses encore !

3. Ce jour-là, il a échappé de peu à la lapidation, car nous étions fort en colère de voir qu'il avait entrepris de nous faire passer pour des idiots devant le peuple.

4. De plus, il affirmait partout qu'il était fils de Dieu, et ses disciples, mais aussi beaucoup de gens le croyaient. Pourtant, il ne fait aucun cas du sabbat, c'est un glouton et un ivrogne qui fréquente des publicains et des pécheurs, il nous calomnie partout et nous promet en toute occasion la damnation éternelle.

5. On conçoit que nous ne puissions guère être les amis d'un tel homme, d'autant que nous savons fort bien d'où il vient et qui sont ses parents, ses frères et ses sœurs.

6. Pourtant, il n'est pas sot du tout, car il s'y entend fort bien, par ses paroles et ses miracles, à gagner à sa cause les païens - c'est-à-dire les Romains et les Grecs - pour pouvoir ensuite nous renverser avec leur aide. Mais il n'y parviendra pas ! Il ferait mieux de ne pas venir trop souvent à Jérusalem, car sans cela, nous lui ferons rendre sa filiation divine d'une façon qui ne devrait pas lui plaire !

7. Il vient maintenant faire des siennes dans cette ville de païens, sans doute dans la seule intention de monter ses habitants contre nous autant que possible. Mais cela ne lui profitera guère, car Jérusalem sera toujours Jérusalem, quand bien même mille fils de Dieu comme celui-là y trouveraient à redire ! »

8. Entre-temps, nous étions arrivés fort près de ces gens, et même Mes disciples entendirent parfaitement leurs dernières paroles. Ils Me demandèrent comment Je pouvais tolérer cela.

9. Et Je leur dis : « Si cela vous fâche tant que ces gens donnent de Moi un si méchant témoignage, allez leur mettre à tous un bâillon afin qu'ils ne puissent plus parler. Je crois que vous trouveriez la tâche singulièrement difficile, et il est plus facile pour nous de passer devant eux sans rien dire.

10. Laissons les chiens aboyer, car, tant qu'ils aboient, ils ne mordent pas ! Mais s'ils veulent nous attaquer et nous mordre au passage, alors, nous saurons bien leur montrer que nous avons nous aussi des crocs et des griffes ! »

11. Ces paroles apaisèrent en grande partie Mes disciples, mais ils bouillaient encore intérieurement, et quelques-uns faillirent dire à ces Juifs et à ces Pharisiens des choses qui ne leur eussent guère plu ; mais ils se maîtrisèrent et suivirent Mon exemple.

12. Nous fûmes bientôt tout à côté de ces gens, et, sans regarder vers l'endroit où ils se tenaient, nous passâmes devant eux en silence.

13. Mais ces Juifs et ces Pharisiens étaient fort curieux de savoir ce que nous avions l'intention de faire dans la ville, et, avant même que nous eussions atteint la porte de la ville, deux Pharisiens coururent après nous et se mirent devant la porte pour nous barrer le chemin.

14. L'un d'eux, qui s'appelait Dismas, Me demanda avec rudesse ce que J'avais à faire dans cette ville, et si Je pensais y rester ou seulement la traverser.

15. Je lui répondis : « Es-tu donc un juge de cette ville ? Eux seuls ont le droit de questionner les voyageurs sur ce qui les amène dans la ville et de demander à voir leur sauf-conduit ! »

16. Le Pharisien Me répondit : « Je ne suis pas un juge, mais un notable de la communauté juive de cette ville, et, en tant que tel, j'ai le droit de demander aux voyageurs dans quel but ils sont venus - et surtout à toi et à ta compagnie, parce que j'ai fait ta connaissance à Jérusalem ; je sais donc fort bien que tu n'es pas notre ami et que tu n'observes pas nos préceptes, parce que nous ne pouvons et ne voulons pas croire ce que tu as si souvent prétendu être, devant nous et devant le peuple.

17. Nous savons bien que tu connais beaucoup de choses, que tu peux parler sagement et accomplir des signes qui plongent tous les hommes dans la stupéfaction ; tu n'en es pas moins notre ennemi et tu cherches à nous perdre, nous qui tenons aux anciennes lois. Mais prends garde que tes desseins n'échouent, car nous saurons bientôt comment tu accomplis tes signes miraculeux appris des Esséniens, et nous verrons alors si tu sais faire autre chose !

18. Tu peux sans doute abuser les païens avec cela, mais pas nous, descendants d'Abraham. Mais si tu es vraiment capable de choses divines, accomplis maintenant un signe devant nous, et nous voudrons bien croire que tu es plus puissant que tous les Esséniens et autres magiciens de cette terre, et que tu es véritablement empli de l'esprit de Dieu ! »

19. Je dis : « J'ai déjà accompli devant vous une quantité de signes tout à fait grandioses, comme jamais aucun homme sur cette terre, et vous avez dit que J'avais reçu l'aide de Belzébuth, le premier des diables. Si c'est là ce que vous croyez, et si vos prédécesseurs ont lapidé et mis à mort presque tous les anciens prophètes, en prétendant eux aussi que ces prophètes étaient habités par des diables qui les aidaient à prophétiser et à faire des signes, comment y verriez-vous plus clair à présent pour reconnaître l'authenticité de Ma doctrine et de Mes actes ?

20. Je ne le sais que trop, vous êtes fils de Belzébuth et enseignez et œuvrez sous son inspiration. C'est pourquoi Je suis souvent venu à vous afin de vous délivrer de ses chaînes ; mais vous aimez mieux rester les serviteurs du diable que de devenir ceux de l'unique vrai Dieu, que vous ne connaissez pas et n'avez jamais reconnu. Restez donc dans votre service, Je resterai dans le Mien et révélerai bientôt au monde entier qui vous êtes et qui Je suis. A présent, laissez-nous passer, et portez-vous bien au nom de celui que vous servez ! »

21. Les Pharisiens furent si extraordinairement offensés par ces paroles qu'ils voulurent aussitôt nous conduire devant le tribunal de la ville, Mes disciples et Moi.

22. Mais Je leur dis : « Je suis le Seigneur et ferai ce que je veux ; mais prenez garde à ne pas avoir affaire vous-mêmes, plutôt que Moi, au tribunal de cette ville !

23. Je suis venu à vous en silence avec Mes disciples, sans aucune intention de vous importuner ne fût-ce que d'une parole ou d'un geste, bien que J'eusse entendu d'assez loin les propos malicieux que vous teniez sur Moi, et que je fusse donc en droit de vous demander de quel droit vous faisiez ici, en terre étrangère, des remarques sur Moi qui ne pouvaient plaire ni à Moi-même, ni à aucun de Mes disciples. Aussi, Je vous dis encore une fois que Je suis le Seigneur et que J'ai autorité pour entrer dans cette ville sans que vous puissiez M'en empêcher ; si cela ne vous suffit pas et que vous persistiez dans vos desseins, Je saurai fort bien M'y opposer ! »

24. Quand J'eus ainsi parlé, Dismas, qui prenait tout de même la chose un peu plus à cœur que son compagnon, qui était fort entêté, dit à ce dernier « Laissons-les passer, au nom de Dieu, et contentons-nous de rejoindre les nôtres ; car je ne veux pas avoir affaire davantage à des gens en possession de pouvoirs cachés. S'ils agissent contre la volonté de Dieu, Dieu saura bien, le moment venu, les châtier en les détruisant ; mais, si jamais ils n'agissent pas contre la volonté du Tout-Puissant, nous ne pourrons rien contre eux. »

25. Mais, ne voulant rien entendre, le compagnon de Dismas appela les autres, qui les avaient suivis plus lentement, afin qu'ils l'aident à M'emmener chez le juge avec Mes disciples.

26. Alors, Je dis : « Jusqu'ici et pas au-delà, avec votre colère diabolique contre Moi et contre Mes disciples ! Je vais vous laisser jusqu'à demain sous une garde qui ne vous permettra d'entrer par aucune porte de cette ville ; ces gardes seront aussi le signe que vous attendiez de Moi, et J'espère que vous reconnaîtrez par là que Je suis en toute vérité le Maître de toutes les créatures de cette terre, et d'infiniment plus de choses que vous ne sauriez imaginer. Je le veux, ainsi soit-il ! »

27. Au même instant, quatorze grands lions furieux se dressèrent devant les Juifs qui nous suivaient, et l'un d'eux, saisissant l'obstiné compagnon de Dismas, le porta jusqu'à ses compagnons.

28. Quant à Dismas, il tomba à genoux devant Moi et Me supplia de l'épargner, parce qu'il avait une tout autre opinion de Moi et qu'il avait souvent parlé en Ma faveur au grand conseil, du moins autant qu'il l'avait pu ; car c'était jeter de l'huile sur le feu, et l'on était bien forcé finalement d'aboyer avec les chiens. A présent, ses compagnons obstinés auraient beau faire d'aboyer devant les lions, car ceux-ci ne risquaient guère de s'en effrayer.

29. Je lui dis : « Passe devant nous et conduis-nous dans une bonne auberge de la ville ; ensuite, tu pourras aller chez le juge Titus et lui dire que Je l'attends dans cette auberge. »

30. Me rendant grâce, Dismas se releva et nous conduisit aussitôt à une auberge proche dans cette ville.

Publié dans LE SEIGNEUR JESUS

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