GEJ10 Apparition d'un esprit

Publié le par estaran



GEJ10 C173

Apparition d'un esprit


1. Le juge répondit : « Alors, permets-moi de voir et de parler à mon père, qui est mort il y a douze ans et que j'ai beaucoup pleuré, parce qu'il était pour moi un bon père très cher. »

2. Je lui dis : « Qu'il en soit selon ton désir ! »

3. Et voici qu'au même instant le père du juge fut dans la salle à manger, visible de tous.

4. Le fils le reconnut sur-le-champ et lui dit : « Ainsi, tu continues vraiment de vivre après la mort de ton corps ? »

5. Le père : « Tu le crois à présent parce que j'ai été contraint de t'apparaître ainsi par l'autorité de Celui qui est près de toi, et tu me vois parce que Celui-là a ouvert ta vision intérieure ; pourquoi donc n'as-tu pas cru ta mère lorsqu'elle était encore en vie, ainsi que tes trois sœurs, lorsqu'elles m’ont vu et m'ont parlé peu après mon trépas, et que je leur ai appris en peu de mots que la vie de l'âme après la mort du corps ne ressemblait guère à l'idée que les hommes s'en font pendant leur courte vie terrestre ?

6. Les plus mal lotis en cette courte vie sont ceux qui ne croient pas du tout à la survie de l'âme ; car ils conservent longtemps, dans l'au-delà, la croyance qu'ils ont emportée avec eux en quittant ce monde, et ils continuent d'attendre un anéantissement définitif qui ne veut pas venir et ne viendra jamais.

7. Or, à cause de cette fausse croyance, ils sont paresseux et ne font rien pour prospérer dans l'au-delà, et c'est ainsi que certains - comme je l'ai vu moi-même - peuvent y survivre deux mille ans sans que même les esprits les plus lucides aient pu les détourner de leur croyance absurde. Aussi, mon fils, veille à ne pas quitter ce monde dans une telle erreur ! »

8. Le juge dit alors : « En vérité, père, c'est bien toi ! Car tu viens de prononcer les paroles mêmes que tu avais dites à ma mère et à mes sœurs ; je les avais consignées alors et les garde encore avec moi comme une relique sacrée, bien que je n'y aie guère cru jusqu'à présent. Je voulais moi aussi te voir et te parler en personne, mais je n'ai jamais eu ce bonheur. »

9. Le père

répondit : « Comment cela aurait-il pu t'arriver ? En effet, combien de fois ne suis-je pas venu à toi, et tu n'étais jamais à la maison, ayant toujours à faire dans la lumière du monde extérieur, où il nous est impossible d'apparaître à quelqu’un pour l'instruire ; car, dans notre être présent, nous ne sommes plus le phénomène produit par une autre force, mais cette force elle-même qui est à l’œuvre dans tous les éléments que l'homme sensible peut percevoir ; mais la force agissante qui est leur être véritable, un homme mondain comme tu l'es ne peut pas plus la voir extérieurement qu'aucune autre force à l’œuvre dans le monde matériel, car il faudrait pour cela qu'il rentre dans son être véritable, ouvrant ainsi sa vision intérieure, et il pourrait alors percevoir la vraie nature des forces agissantes, les contempler dans leur être véritable et entrer en relation avec elles ! »

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