Du commerce avec l'au-delà. La vision intérieure de l'âme

Publié le par estaran

 



GEJ10 C172

Du commerce avec l'au-delà. La vision intérieure de l'âme


1. (Le Seigneur ) « Tu as affirmé qu'une fois que les gens étaient morts, on ne pouvait plus s'entretenir avec eux ; mais en cela, tu te trompes fort.

2. Il est vrai que ce n'est guère facile pour les hommes de ta sorte ; car, éduqués pour ce monde dès l'origine, ils ont certes aiguisé autant qu'il se peut leur vision naturelle et leur entendement, mais ont aussi relégué à l'arrière-plan leur vision intérieure spirituelle. Car, pour cette vision intérieure, il en va d'eux un peu comme d'un homme qui aurait mis des carreaux de verre aux fenêtres de sa maison. Il se trouve dehors et entend tout à coup un grand bruit à l'intérieur. Il court donc à une fenêtre et veut regarder dans sa maison ; mais, malgré tous ses efforts, il ne distingue quasiment rien, parce que le reflet du jour sur les vitres l'en empêche. Ainsi, s'il veut connaître la cause de ce bruit à l'intérieur, il ne lui reste qu'à ouvrir la porte de la maison et toutes les autres portes afin d'aller voir ce qui a causé ce bruit ; sinon, il doit casser une vitre, et, si cela ne suffit pas, en casser d'autres jusqu'à ce que, peut-être, il trouve enfin la cause de ce bruit dans sa maison.

3. Si, au moment où il a entendu ce bruit, le maître de maison s'était trouvé dans la maison même au lieu d'être à l'extérieur, il aurait découvert bien plus vite l'origine du bruit entendu ; mais, comme il était dehors, il ne pouvait être présent à l'instant où le bruit s'est produit, mais seulement plus tard et d'une manière à tous égards imparfaite, puisque tant la cause que l'effet s'étaient déjà évanouis. Il doit donc maintenant faire de longues et fastidieuses recherches dans tous les coins de la maison, pour finir par trouver un ustensile cassé dont il ne peut que supposer que quelque mouvement l'a précipité sur le sol où il s'est brisé, ce qui a causé le bruit. Pourtant, même cette supposition ne peut lui offrir aucune certitude, parce que la vaisselle cassée a fort bien pu aussi l'avoir été plus tôt - raison pour laquelle son hypothèse n'est malgré tout qu'une supposition et non une certitude, tout cela uniquement parce qu'au moment où il a entendu ce bruit, il n'était pas dans sa maison, mais à l'extérieur.

4. Ce que Je veux te faire remarquer à travers cette parabole, c'est qu'un homme qui n'est instruit qu'extérieurement et selon la seule raison ne peut rien entendre ni comprendre, ou seulement fort peu et sans aucune certitude, de ce qui se passe en lui spirituellement !

5. Le corps est la maison de l'âme, et l'esprit qui est en elle lui a été donné par Dieu afin qu'il éveille et instruise l'âme dans toutes les choses spirituelles et qu'il la mette en relation avec elles.

6. Mais comment l'esprit pourrait-il faire cela, quand l'âme en pleine possession de son libre arbitre est presque toujours à l'extérieur de la maison, se délectant des choses du monde? Et celles-ci vont si bien l'aveugler et l'assourdir qu'elle ne pourra plus ni voir ni entendre ce qui se passe dans sa maison.

7. Avec le temps, si quelque chose lui rappelle sa maison, elle voudra bien sûr y aller voir et commencera à s'en inquiéter ; la trouvant par endroits endommagée, elle la répare et la consolide, et finit par ne faire plus qu'un avec la matière tant intérieure qu'extérieure de sa demeure.

8. Ensuite, bien sûr, elle cherche dans sa maison l'esprit qui essayait parfois de l'y ramener en faisant un bruit que le vacarme du monde l'empêchait souvent d'entendre. De temps en temps, elle jetait certes un regard furtif à l'intérieur, mais ne découvrait pas grand-chose et ne savait pas ce que c'était, aussi, après avoir cherché un peu, retournait-elle bientôt dehors. Elle s'y plaisait mieux que dans les pièces sombres de sa maison, où elle ne trouvait jamais rien de certain, parce que la lumière du dehors avait par trop ébloui ses yeux, et le vacarme du monde par trop assourdi son ouïe intérieure.

9. Il y a aussi parfois des âmes craintives comme des enfants, et qui fuient la lumière et le vacarme du monde. Celles-ci préfèrent rester à la maison et se divertir de ce qu'elles y trouvent. Lorsqu'un bruit survient, elles peuvent fort bien regarder par des fenêtres que la lumière du dehors n'aveugle pas, et elles trouvent facilement ce qui a causé ce bruit ; quant à ce qui se passe dans la maison, elles s'en rendent compte bien mieux et bien plus vite que ceux qui sont à l'extérieur.

10. Ainsi, la vision et l'audition spirituelles résident toujours à l'intérieur de l'homme et jamais à l'extérieur, dans ses sens terrestres. Par conséquent, si tu veux t'entretenir avec telle ou telle âme et la voir, cela ne peut se faire qu'en toi, et jamais hors de toi.

11. Si tu étais resté davantage chez toi et en toi-même, tu aurais fait depuis longtemps les mêmes expériences de vie que beaucoup d'autres qui t'en faisaient part, mais dont tu prenais toujours le récit pour l'illusion d'un homme crédule. C'est ainsi que tu es toujours resté le plus souvent à l'extérieur de ta maison, n'y jetant que rarement un regard furtif, et tu en étais à chaque fois un peu plus fâché, parce que ta vision intérieure, aveuglée par la lumière de la raison mondaine, distinguait toujours moins de choses dans la maison de ta vie. Tu t'es donc puni toi-même, puisque la lumière extérieure du monde t'a amené à considérer, aujourd'hui encore, la mort et le néant éternels comme le plus grand bien auquel puisse atteindre un être devenu conscient de lui-même.

12. Mais, Moi qui suis le vrai Maître de la vie, J'ai le pouvoir de te ramener en toi-même et de fortifier pour quelques instants ta vision intérieure, et tu pourras ainsi te rendre compte sur-le-champ de ce qu'il en est de la survie de l'âme après la mort de son corps !

13. Dis-Moi quelle personne de ton passé tu veux voir à présent, et elle viendra à l'instant te parler, et tu la reconnaîtras bien pour celle que tu as connue de son vivant ! »

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