GEJ10 De la nature du Soleil

Publié le par estaran



GEJ10 C159

De la nature du Soleil


1. L'aubergiste : « O Seigneur et Maître, je crois que même le plus sage des séraphins ne saurait atteindre dans toute l'éternité à une compréhension parfaite de Tes paroles ! Mais il faut pourtant que je Te pose une question, en ce jour où le lever du soleil est d'une splendeur et d'une limpidité que l'on a rarement vue à l'orient dans cette contrée, à cause des brumes qui se forment sans cesse sur cette immense plaine : en soi, le Soleil est-il un feu dont les flammes éclairent la Terre, cela si violemment qu'il serait tout à fait impossible de produire sur terre une lumière aussi brillante, ni de la regarder ?

2. L'extraordinaire chaleur qu'il nous envoie avec sa lumière nous fait supposer qu'il s'agit d'un feu d'une violence extrême ; mais il brille tout autant en hiver, où nous percevons beaucoup moins la chaleur de ce feu supposé, aussi certains pensent-ils que ce n'est pas véritablement un feu. Nous formons ici une communauté constituée surtout de Romains, de Juifs, de Grecs, d'Arabes et d'Egyptiens, et, bien qu'il y ait des avis divers sur cette question, nous n'en sommes pas plus avancés. »

3. Je dis : « Et vous ne pouvez guère l'être, entourés que vous êtes depuis les temps les plus anciens des épaisses ténèbres de la superstition ! Qui veut comprendre cela doit savoir que le lever et le coucher du soleil ne sont qu'apparents ; car le jour et la nuit que vous percevez proviennent de la rotation de la Terre, qui n'est pas le disque que vous croyez, mais une boule d'une taille fort respectable, et le jour et la nuit ne sont donc rien d'autre que l'effet de la rotation de ce globe terrestre, pour laquelle il faut environ vingt-quatre de vos heures.

4. Or, si la Terre n'est pas un disque, mais une boule, il en va de même du Soleil, mais en un million de fois plus grand. S'il vous apparaît si petit, c'est parce qu'il est extraordinairement éloigné de la Terre. Si Je te disais le nombre de lieues qui le sépare de cette terre, tu ne pourrais même pas t'en faire une idée, parce que tu n'es pas assez familier des anciens nombres arabes. Mais imagine une distance de près de quarante-quatre millions de lieues - les quelques Arabes qui vivent ici sauront bien te traduire cette grandeur*( Il importe de noter ici que, dans la traduction, nous employons parfois le mot « million » au lieu de « mille fois mille » surtout lorsqu'il s’agit d'éviter la répétition de l'expression « millier de milliers (de fois) beaucoup plus lourde que l'allemand. Lorber lui même emploie parfois aussi le mot Million indifférement. Ici, contrairement à d'autres passages où elle est plus ou moins sous-entendue, la différence entre les numérations arabe et romaine est explicitée. (N.d.T.)) -, et tu auras une petite idée de la distance entre la Terre et le Soleil, qui ne tourne pas autour de la Terre pour produire le jour et la nuit, pas plus qu'il ne s'enfonce chaque jour dans la mer, comme le croient les Romains et les Grecs, afin de s'y baigner et de s'y laver pour retrouver toute la puissance de sa lumière avant de revenir éclairer la Terre.

5. C'est bien la Terre qui tourne autour du Soleil en 365 jours environ, et ce second mouvement est à l'origine de votre année et de ses saisons, printemps, été, automne et hiver.

6. Quant au soleil lui-même, ce n'est pas un feu, et ce que vous percevez comme sa lumière est le rayonnement de son atmosphère superficielle. Celui-ci est produit par la rotation du Soleil autour de son axe, mais plus encore par son mouvement extraordinairement rapide autour d'un autre soleil intermédiaire encore bien plus éloigné. Ces mouvements du Soleil dans l'immensité de l'espace éthérique produisent dans l'atmosphère de sa surface un effet électrique considérable, et son éclat lumineux est donc, à un degré bien supérieur, le même que celui de la foudre que vous connaissez, à la seule différence que cette foudre se développe à la surface du Soleil d'une manière extraordinaire et ininterrompue, tandis que, sur cette terre, la foudre n'est produite qu'occasionnellement, et à un degré bien moindre, par le frottement accru des particules de l'air, raison pour laquelle son éclat ne dure qu'un montent très court.

7. Cependant, il existe sur cette terre des régions où, en certains points, la substance foudroyante est produite en bien plus grande quantité, et ces endroits peuvent ainsi s'illuminer des heures durant.

8. Si quelqu'un veut s'en convaincre, qu'il aille dans ces régions du centre de l'Afrique où se dressent de longues chaînes de très hautes montagnes, et il pourra y voir un grand nombre de ces phénomènes électriques. Mais observer ces phénomènes lui sera encore plus pénible qu'ici, lorsque surviennent de grosses tempêtes électriques et que, devant la violence et le fracas des éclairs, les gens préfèrent se réfugier dans l'obscurité des caves les plus profondes plutôt que d'admirer dehors le dangereux spectacle de ces éclairs innombrables.

9. Oui, ami, même les phénomènes naturels de cette petite terre ne sont pas tous propres à susciter en l'homme une confiance telle qu'il puisse les supporter sans trembler et les observer avec plaisir !

10. Mais, si les phénomènes naturels de cette petite terre vous semblent déjà parfois un peu trop excentriques, que ne seront-ils pas sur un corps céleste aussi grand que le Soleil !

11. Un jour, vous pourrez contempler tout cela en esprit avec la plus grande joie et le plus grand plaisir ; mais dans la chair, c'est impossible.

12. Je t'ai donc expliqué ce qu'il en était de la lumière du Soleil, et t'ai ainsi apporté une petite parcelle de lumière , mais ce que tu es encore loin de pouvoir comprendre entièrement, dans mille et quelques centaines d'années, Mes enfants d'Europe trouveront que cela va de soi, de même que bien d'autres choses, ce qui contribuera fort à réduire, et finalement à détruire tout à fait, la grossière superstition de l'ancien temps. Mais en attendant, il suffit que vous croyiez en Moi et viviez selon Ma doctrine ; le moment venu, tout le reste vous sera donné par surcroît. »

13. L'aubergiste Me remercia fort de cette explication pour lui extraordinairement surprenante, puis Me dit que cela s'accordait fort bien avec une vision de rêve qu'il avait reçue par l'esprit du prophète Elie, de la famille de qui il descendait lui aussi ; l'image qu'il avait vue dans ce rêve ressemblait fort à ce que Je venais de lui expliquer, Moi, le Seigneur.

14. « Dans ce rêve, poursuivit l'aubergiste, il me semblait que j'étais très haut au-dessus de la Terre, et que je la voyais sous mes pieds, non pas comme un disque, mais bien comme une boule. Alors, je demandai à l'esprit d'Elie ce que cela signifiait.

15. Il me répondit : "Tu l'apprendras de Celui qui était avant moi et qui sera à jamais !"

16. Alors, je m'éveillai et me retrouvai à Joppé, la ville où je suis né ; car il n'y a que vingt ans que je vis ici. »

17. L'aubergiste n'avait pas encore achevé son récit qu'un messager venait nous convier au repas du matin. Alors, descendant de notre colline, nous rentrâmes chez notre aimable aubergiste.

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